L’Aiglon : Le fils de Napoléon

Publié le Mis à jour le

Présenté à l’OSM jusqu’à samedi!

Aiglon Napoléon

Hier soir, j’ai assisté à la 2e représentation du concert-opéra L’Aiglon : Le fils de Napoléon par l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM). Sous la direction de Kent Nagano, cet évènement abondamment annoncé était présenté dans la métropole en première nord-américaine.

La salle était presque pleine, avec des gens curieux et ouverts pour découvrir cette nouveauté tant attendue. Une distribution impressionnante presqu’entièrement québécoise, s’ajoute à l’orchestre :

L’Aiglon ( de son vrai nom Napoléon François Charles Joseph Bonaparte) est à l’origine une pièce de théâtre écrite en 1900 par Edmond Rostand. C’est le surnom donné à titre posthume par Victor Hugo au fils unique de l’empereur Napoléon 1er et de sa seconde épouse l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche. Il est aussi connu comme le Roi de Rome, Napoléon II, Prince de Parme, ou encore le Duc de Reichstadt. Il n’avait que 4 ans au moment de l’abdication de son père en 1815, quand il fut nommé Napoléon II. Son règne fut très court car il fut rapidement chassé du trône par l’arrivée au pouvoir de Louis XVIII.

La pièce de théâtre de six actes raconte la quête identitaire du fils par rapport à son père. Ça ne devait pas être facile de faire sa place quand on est encore jeune et le fils de Napoléon 1er.  Cet adolescent, qui a vécu la plus grande partie de sa vie en Autriche, rêve de la France et de mener plus loin les projets de son père. C’est en 1936 que les compositeurs Jacques Ibert (1890-1962) et Arthur Honegger (1892-1955) décident d’écrire conjointement un opéra sur le livret d’Henri Cain inspiré de l’œuvre d’Edmond Rostand. C’est exceptionnel à cette époque que deux compositeurs bien en vue joignent leurs efforts pour coécrire une œuvre. Présenté pour la première fois en 1937, cet opéra ne pourra par la suite être présenté en France sous l’Occupation. Heureusement, l’œuvre a été adaptée au théâtre et au cinéma à plusieurs reprises, lui permettant ainsi de ne pas totalement sombrer dans l’oubli.

Marie-Hélène Benoit-Otis, musicologue et assistant professeur à la Faculté de Musique de l’Université de Montréal, nous présente, dans les notes du concert qu’elle a rédigées, les cinq actes de l’opéra aux titres évocateurs :

Acte 1 : Les ailes qui s’ouvrent

L’opéra débute en 1831 à Vienne, dix ans déjà après la mort de Napoléon 1er. Marie-Louise, la mère de l’Aiglon, lui présente des conspirateurs qui vont l’inciter à retourner en France.

Acte 2 : Les ailes qui battent

Ces conspirateurs ne s’avèrent pas tous dignes de confiance et vont s’attaquer à son estime de soi.

Acte 3 : Les ailes meurtries

Ayant perdu son enthousiasme, l’Aiglon rencontre des gens qui lui raviveront son rêve de retourner en France.

Acte 4 : Les ailes brisées

Son projet de retourner en France est dénoncé. L’Aiglon est poursuivi et capturé par les autorités autrichiennes avant qu’il n’ait réussi à quitter Vienne.

Acte 5 : Les ailes fermées

L’opéra se termine en 1832, à peine quelques mois plus tard, avec le décès de l’Aiglon alors qu’on lui faisait le récit de ses trop brefs moments de gloire.

Je salue le choix judicieux et audacieux de Kent Nagano qui a choisi de présenter cet opéra malheureusement peu connu, et dont le seul enregistrement remonte à 1950, plutôt que de faire un xème enregistrement d’un opéra plus traditionnel. Les trois concerts sont enregistrés et serviront à graver un CD.

Ce fut clairement un événement réussi. La découverte en valait le déplacement. La musique est magnifique, accessible pour tous, naturellement théâtrale, souvent militaire, et tendre et mélancolique vers la fin. J’ai particulièrement aimé les actes IV et V. La partition, superbement exécutée par l’orchestre, de la scène de bataille entre l’armée française imaginaire et l’armée autrichienne bien en chair, pendant laquelle plusieurs mélodies différentes se chevauchent, est grandiose. Les lignes mélodiques, entourant le décès de l’Aiglon, sont belles, tristes et lumineuses.

Les voix sont toutes superbes et les chanteurs québécois font tous très bonne figure. La diction est impeccable et on comprend facilement tous les mots. Je dois souligner l’extraordinaire performance de la soprano Anne-Catherine Gillet, qui chante le rôle de l’Aiglon avec justesse, aplomb et charme. La qualité de sa voix et son jeu sont impeccables. Le baryton québécois Étienne Dupuis se démarque également par sa voix riche pouvant à la fois être percutante ou judicieusement retenue. Sa prestance théâtrale était pleine de finesse. Finalement, la mise en espace de Daniel Roussel est sobre, efficace et contribue à une meilleure compréhension de l’œuvre.

J’ai adoré ma soirée et vais certainement guetter la sortie du CD pour en acheter un exemplaire.

Le concert – opéra sera présenté une dernière fois le samedi 21 mars 2015 à 20 heures à la Maison Symphonique de Montréal. Il reste quelques billets que vous pourrez vous procurez en ligne ici. Je vous recommande d’y aller sans hésitation. C’est un événement rarissime et une œuvre magnifique que vous n’aurez pas souvent l’occasion d’entendre.

Marco Fortier

Marco Fortier
Marco Fortier

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