Si l’aurore : ballade planante avec Marie-Pierre Arthur

Publié le Mis à jour le

Marie-Pierre Arthur - 16 février 2015, Cabaret La Tulipe - Spectacle de lancement de Si l'aurore. Crédit: Alexandra Bourbeau
Marie-Pierre Arthur – 16 février 2015, Cabaret La Tulipe – Spectacle de lancement de Si l’aurore.
Crédit: Alexandra Bourbeau

Mardi dernier dans un Cabaret La Tulipe rempli à craquer, Marie-Pierre Arthur lançait Si l’aurore, son très attendu troisième album. Très attendu par son public car au fil des années, l’ancienne choriste du groupe Karkwa s’est taillé une place enviable sur la scène musicale québécoise, et par l’auteure de ces lignes puisque je dois l’avouer, Marie-Pierre Arthur fait partie de mes artistes féminines préférées. Sa voix claire et magnifique, avec laquelle elle sait si bien mettre en valeur ses textes et mélodies, sa simplicité et son plaisir manifeste de jouer sur scène font d’elle une interprète accomplie. Si l’expression a encore du sens dans notre monde numérique, j’ai usé à la corde ses deux derniers albums, sans jamais me lasser.

Les sonorités soul et disco de ses nouvelles chansons, aux ambiances sexy, enveloppantes et très planantes par moments, tranchent définitivement avec les deux précédents opus à la facture plus rock. Une fois la surprise passée, le résultat est fort intéressant. Les atmosphères enveloppantes qu’elle a su créer, notamment grâce aux synthétiseurs, guitares électriques qui nous rappelle les années 90 et au saxophone, accompagnent et bercent sa voix. À la première écoute, on se laisse happer par la musique, pour ensuite porter attention aux textes qui traitent pour la plupart de tourments et ruptures amoureuse.

Il y a quelques jours, j’ai eu la chance et le plaisir de m’entretenir avec la principale intéressée au sujet de son nouveau disque, de son virage musical et des thèmes qui traversent ses nouvelles pièces.

M.D.A. : Quels sont les principaux thèmes qui sont abordés dans ces nouvelles chansons?

M.P.A. : J’écris sur ce qui me touche et me fascine. La manière dont on peut gérer émotivement ce qui nous arrive; les réactions, les ressources et les décisions prises qui peuvent être tellement différentes d’une personne à l’autre m’inspirent beaucoup.

Je suis à l’affût de ce qui m’entoure et plus le temps passe, plus je me rends compte que mes textes sont inspirés de ce que je vois autour de moi. Une chanson, c’est un peu le regard que et le jugement que je pose sur la manière dont les gens vivent les situations auxquelles ils font face. Récemment, beaucoup de couples autour de moi ont été secoué par crises et des séparations. La plupart d’entre eux  étaient ensemble depuis plusieurs années et avaient eu des enfants. Certains étaient déchirés entre ce qu’ils avaient bâti et rêvé d’être.  Beaucoup de ceux-là ont rencontré une nouvelle personne et tout ce qui va avec. Ces évènements ont nourri mes réflexions et inspiré mes textes.

À partir de ces histoires, j’ai imaginé un couple qui vivait tous ces déchirements et j’ai abordé tous les angles, les registres et tous les rôles des personnes impliquées, soit : la personne trompée, celle qui trompe, celle qui s’emmerde dans son couple et qui développe un désir pour une autre personne et ses tourments, l’ami de la personne trompée, etc. J’ai exploré ainsi tous les registres de cette même histoire.

MPA Marc-Étienne Mongrain
Marie-Pierre Arthur. Crédit: Marc-Étienne Mongrain

M.D.A. : Ce troisième disque est fort différent de vos deux premiers. Pourquoi avoir senti le besoin d’explorer d’autres univers?

M.P.A. : Le virage peut paraître brusque, mais pour nous, ça été tout naturel parce que trois ans se sont écoulés entre l’album précédent et celui-ci. C’est une évolution qui me semble naturelle parce qu’entre temps, j’ai beaucoup été influencée par le mélange des musiques différentes que j’ai écoutées ave les membres de mon band. Aussi, je savais que j’avais envie de jouer quelque chose d’un peu plus sexy que rock. J’avais envie d’adopter une attitude musicale différente et de jouer un son plus invitant que le rock énergique qui pousse vers les autres. 

M.D.A. : À mon avis, Aux alentours, votre précédent disque, était parfait pour la voiture avec ses chansons qu’on chante à tue-tête. Si l’aurore, on l’écoute où et dans quelles circonstances?

M.P.A. : Ça dépend si c’est une longue ride. Aux alentours s’écoutait tout de suite en partant de Québec vers Montréal et Si l’aurore, un peu plus tard pendant le voyage, une fois passé Drummondville quand on est plus détendus. 

M.D.A. : Quels sont le artistes qui ont influencé cet album?

M.P.A .: C’est terriblement large. Après avoir fait un disque, les musiciens et moi passons deux ans en tournée à nous promener sur la route. On est pas mal vieux jeu et on passe ce temps ensemble, sans être trop absorbés par nos téléphones portables. Durant ces moments-là, on écoute beaucoup de musique et on se partage nos découvertes qui forcément, nourrissent notre inspiration. Par exemple, je n’avais pas prévu que Cindy Lauper allait influencer la création de ce disque. C’est arrivé sans que je m’y attende. C’est un exemple parmi tant d’autres que je pourrais nommer.

M.D.A. : Avez-vous peur que le public, ceux qui vous suivent et ont apprécié les deux premiers albums soient un peu déroutés par ce virage musical?

M.P.A : Si j’avais eu envie de faire un album qui ressemble au précédent, je ne m’en serais pas empêché. J’ai senti le besoin d’aller voir ailleurs parce que j’avais l’impression d’être allée au bout d’un esthétisme. Je ne fais pas de la musique pour m’écouter mais plutôt parce que ça me fait vraiment tripper. Je ne serais pas honnête si la peur de perdre des gens en chemin m’empêchait de faire ce dont j’ai vraiment envie. De toute manière, il n’y a jamais de garanties que le public va aimer ce qu’on fait. Si pour ne pas dérouter ceux qui ont apprécié Aux alentours, j’avais produit un disque qui lui ressemble, peut-être que les gens n’auraient pas eu envie d’embarquer dans ce trip-là et qu’ils auraient préféré se souvenir de l’autre qu’ils avaient préféré.

L’important, c’est d’assumer mes choix. Je sens que je réussis à représenter totalement ce que je suis, ce que je veux faire au moment où je le fais. J’essaie d’être intègre et d’être le plus « raccord » possible avec ce que je suis.

En plus de ses talents indéniables de musicienne et sa voix unique, cette intégrité dont elle se soucie traverse sa démarche et son œuvre. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’aime autant Marie-Pierre Arthur. Si l’Aurore est en vente chez tous les bons disquaires et disponible en ligne sur ITunes et Bandcamp. Pour consulter les dates de ses spectacles, visitez son site: www.mariepierrearthur.com.

Extraits choisis de Si l’aurore :

Myriam D’Arcy

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Myriam D'Arcy Crédit André Chevrier
Myriam D’Arcy
Crédit André Chevrier

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