Myriam D’Arcy
Le grand bal énergique d’Alexandre Désilets

Crédit: Alexandra Bourbeau
Hier soir avait lieu au Club Soda le Bal dans l’Ghetto, Fancy Glitter! spectacle-évènement très attendu d’Alexandre Désilets où il présentait les chansons de son plus récent album Fancy Ghetto. Mes attentes étaient très élevées puisque j’ai vu Désilets aux dernières Francofolies lors d’une trop courte mais néanmoins excellente prestation. Il faut dire aussi que ces derniers mois, j’ai écouté en boucle et sans me lasser, ce disque excellent du début à la fin.
Le Club Soda était rempli à craquer et la foule, fébrile. Il faut dire que cet évènement était annoncé et attendu par ses fans depuis plusieurs mois. Pendant deux heures, Alexandre Désilets a enchaîné de manière très efficace les chansons de Fancy Ghetto et de La garde, son précédent album. Notons trois moments forts durant la soirée : au moment de jouer Bats-toi mon cœur où la scène et la foule se sont littéralement embrasées, Renégat, le premier extrait de l’album lancé au printemps dernier et J’oublierai, de La garde qui s’est conclue presque tel un feu d’artifices.
La mise en scène de Brigitte Poupart et les chorégraphies bien maîtrisées n’empêchaient pas le chanteur d’évoluer sur les planches avec aisance et naturel. De plus, le thème des bars et de la nuit qui traverse le dernier album se prêtait tout à fait à la soirée qui avait des allures de fête.
Je l’écrivais en juin dernier : nous sommes en face d’un artiste très talentueux à tous les plans et sa prestation d’hier soir n’a fait que renforcer cette évidence. Sa voix est riche et puissante, en plus d’être tout à fait unique. Ses chansons sont efficaces et bien tournées et donnent envie de les chanter avec lui. Sur scène, son bonheur est palpable. Il ne s’économise pas un instant sans que sa voix ne flanche. C’est donc dire qu’il a du coffre. Ajoutons aussi que ses talents de danseur hérités d’une carrière passée n’est rien pour gâcher la sauce, surtout pour son public féminin!
Vraiment, Alexandre Désilets a tout pour lui.
Myriam D’Arcy

Crédit André Chevrier
Une bouffée d’air frais nommée Xavier Dolan
Après plusieurs mois d’attente nourrie par les nombreux prix et critiques élogieuses qui arrivent de par le monde, Mommy, le dernier opus de Xavier Dolan est enfin diffusé sur nos écrans. Le public est au rendez-vous comme en témoignent les salles aussi bondées qu’à une première de spectacle d’humour des jours derniers. Malgré ce qu’en pensent Vincent Guzzo[1] et certains animateurs de radios populistes qui se plaisent à qualifier notre cinéma de sombre ou « lamentard », les Québécois ne boudent pas leurs productions quand des efforts comparables sont déployés pour la promotion des films d’ici que pour les blockbusters américains. En effet, un article publié aujourd’hui sur le site de Radio-Canada confirme le départ canon pour le film de Dolan qui a engrangé des recettes frôlant le demi-million de dollars au cours des derniers jours, ce qui en fait le plus grand succès populaire depuis Lance et Compte, sorti sur nos écrans en 2010. Pour citer Diane Després, le personnage incarné par Anne Dorval dans Mommy : « les sceptiques seront confondus ».
La barre était donc placée très haute et je ne suis pas déçue, bien au contraire. À mon avis, il s’agit du meilleur film offert par Dolan. Le plus achevé et réussi à tous points de vue. Mommy aborde un thème cher au réalisateur, la relation mère-fils dans toute sa complexité, ses zones d’ombres et sa grande richesse.
Nous sommes conviés à un très grand rendez-vous d’acteurs qui sont au sommet de leur art. Malgré ses dix-sept ans, le jeu d’Antoine Olivier Pilon est bouleversant de vérité. Sans jamais caricaturer, il incarne avec justesse un adolescent explosif, violent et charmeur aux prises avec un sévère trouble de déficit de l’hyperactivité et de l’attention (TDHA). De son côté, Anne Dorval est rien de moins que magistrale en mère courage qui tente avec le plus de générosité, d’amour et de lucidité possibles de sauver son fils de lui-même.
Les plans de caméra sont filmés de très proche, sans recul, qui obligent les acteurs à offrir une performance soutenue et sans filet. Quant à nous, nous avons l’impression d’être témoins impuissants et indiscrets de l’action qui se vit sous nos yeux. L’ambiance chargée d’émotion est poignante et ne baisse pas d’intensité pendant toute la durée du film. En particulier, je pense à quelques scènes, la première crise de Steve revenu à la maison, l’assaut sur Kayla qui lui fait la classe à la maison et une scène déchirante à la fin du film où Diane imagine ce qu’aurait pu être leur destin sans la maladie.
Il s’agit d’une œuvre universelle mais dont l’action et le propos sont résolument ancrés dans le Québec. Ne serait-ce que par le langage coloré des personnages, les références culturelles bien de chez nous (Marjo et Céline, « notre trésor national »), mais aussi le lieu choisi, un Longueuil bien réel, et non une banlieue fictive qui aurait pu être partout et nulle part en même temps.

Source: canoe.ca
Dolan, dont tous les films voyagent partout sur la planète, prouve que le Québec est assez beau pour être montré à la face du monde, sans fard ni artifices et malgré ses imperfections. Le regard qu’il pose sur sa société est tendre et dénué de jugements, tout autant que celui qu’il porte sur ses personnages issus des classes populaires. Ils sont ce qu’ils sont, avec leurs qualités et leurs défauts et tentent de faire de leur mieux.
Un artiste engagé dans sa communauté
Depuis son entrée en scène fracassante en 2009 avec J’ai tué ma mère, son premier film réalisé à dix-neuf ans, l’acteur-réalisateur-scénariste surdoué est souvent critiqué pour ses déclarations, ses coups de gueule et sa confiance en lui-même qui est souvent associée à l’arrogance.
Pourtant, nous devrions être reconnaissants envers Xavier Dolan et pas seulement pour cette œuvre qu’il construit à vive allure et qui fait briller le Québec. Nous devrions lui être reconnaissants de prendre part au débat public, de s’investir dans les grandes questions qui traversent notre société. Loin d’être individualiste, il veut son succès

collectif. Son appel à la jeunesse à Cannes en était une belle démonstration, tout comme les honneurs qu’il partage spontanément avec ses acteurs à qui il voue une grande fidélité. À l’ère où le chacun pour soi est roi, et où l’enracinement est un concept démodé, ça fait du bien de constater que la réussite ne rime pas nécessairement avec un certain affranchissement du Québec devenu trop petit pour être le lieu d’épanouissement de ses ambitions.
Au fil du temps, Dolan a embrassé quelques causes qui ont défrayées les manchettes. Il a été un ardent promoteur du nécessaire engagement de l’État pour la culture et s’est exprimé à ce sujet sur plusieurs tribunes, notamment au printemps dernier lors d’une tournée médiatique qui a suivi la réception du Prix du jury à Cannes au printemps dernier et en réponse à quelques-uns de ses détracteurs au cours des dernières

années. Il n’a pas hésité à défendre la gratuité scolaire au moment de la crise étudiante, position qu’il a portée jusque sur les tapis rouge de Cannes, intéressant du même coup les médias du monde entier à ce débat qui soulevait les passions chez nous. Il n’a jamais caché son adhésion en faveur de l’indépendance du Québec et signera d’ailleurs un texte dans un ouvrage collectif portant sur la question dirigé par Léa Clermont Dion à paraître cet automne. Finalement, dans son édition du 3 septembre dernier, la revue française Télérama rapportait des propos de Dolan suite à son refus à recevoir la Queer Palm, prix remis en marge du Festival de Cannes et qui « récompense un film pour ses qualités artistiques et son traitement des questions gay, lesbienne, bi ou trans ainsi que sur son traitement décalé des questions de genre ». Ses propos pleins de sagesse montrent qu’il conçoit la société comme un tout et non la somme d’individus ou groupes d’intérêts particuliers.
« Que de tels prix existent me dégoûte. Quel progrès y a-t-il à décerner des récompenses aussi ghetoïsantes, aussi ostracisantes, qui clament que les films tournés par des gays sont des films gays ? On divise avec ces catégories. On fragmente le monde en petites communautés étanches. La Queer Palm, je ne suis pas allé la chercher. Ils veulent toujours me la remettre. Jamais ! L’homosexualité, il peut y en avoir dans mes films comme il peut ne pas y en avoir[2]. »
Que l’on soit en accord ou non avec ses prises de position, il n’en demeure pas moins que Xavier Dolan est un artiste engagé dans la société québécoise, qui l’aime et s’en soucie assez pour créer sur et à partir d’elle tout en s’impliquant à défendre les causes qui lui sont chères, sans jamais se censurer. N’est-ce pas là l’une des fonctions essentielles de l’artiste, soit de bousculer les conventions, de tirer et pousser sa société, de l’éclairer, de la révéler à elle-même? Xavier Dolan est une véritable bouffée d’air frais dans cet univers médiatique où la langue de bois est reine et j’espère qu’il continuera longtemps de nous éclairer par ses formidables films et ses réflexions d’un jeune homme libre.
[1] Propos publiés dans l’édition du 13 novembre 2012 du Journal de Montréal et sur le plateau de l’émission Tout le monde en parle.
[2] http://www.lemonde.fr/culture/article/2014/09/20/xavier-dolan-degoute-par-les-prix-recompensant-les-films-gays_4490979_3246.html
Myriam D’Arcy

Crédit André Chevrier
30 bougies pour Audiogram et tout autant de raisons de célébrer!
Le 4 septembre dernier, la maison de disques indépendante Audiogram fêtait son 30e anniversaire d’existence. J’ai assisté à la soirée hommage organisée pour l’occasion à la Société des Arts technologiques (SAT) en compagnie de quelques centaines de personnes qui avaient joyeusement répondu à l’appel. De ce nombre, des artistes de toutes les générations ayant tous, à un moment ou un autre, marqué leur époque, étaient venus célébrer les succès d’une entreprise fondamentale dans le développement de la chanson québécoise. Dans une ambiance de fête et de nightclub, l’équipe d’Audiogram, ainsi que son fondateur Michel Bélanger, respiraient la fierté, et pour cause. Fierté d’avoir traversé le temps sans prendre une seule ride dans une industrie en constants changements, fierté d’avoir bâti une maison où se produisent des artistes talentueux et avant-gardistes tant hier qu’aujourd’hui.

Le chemin parcouru par Audiogram et ses poulains montre que malgré les crises et les tempêtes qui ont secoué l’industrie, un intérêt qui ne s’essouffle jamais pour la culture anglo-américaine, les artistes québécois sont créatifs, pas du tout conformistes, que la chanson québécoise se déploie dans plusieurs styles, invente et se réinvente, crée les tendances sans jamais se contenter de sagement les suivre. Depuis 30 ans, des succès d’estime et publics qui ont fait mentir tous les prophètes de malheur annonçant la mort du disque ou pire, celle de la culture québécoise. Je pense à ces chansons qui ont marqué leur époque, et parfois nos vies, indissociables de souvenirs bien ancrées

dans nos mémoires comme 1990 (Jean Leloup, 1990), Libérez-nous des libéraux (Loco Locass, 2004), La folie en quatre, (Daniel Bélanger, 1992), La jasette (Kevin Parent, 1995), Le Columbarium (Pierre Lapointe), Je voudrais voir la mer (1987, Michel Rivard), Point de mire (Ariane Moffatt), Je t’oublierai, je t’oublierai (Isabelle Boulay), Drinking in L.A. (Bran Van 3000, 1997), Job steady (Zébulon, 1994), Y’a pas grand-chose dans l’ciel à soir (Paul Piché, 1986), On leur a fait croire (Alex Nevsky, 2013) et tant d’autres… Je pense aussi aux plus jeunes recrues de la maison dont les propositions sont étonnantes et marqueront à leur tour, comme David Giguère et son formidable album Casablanca que j’ai usé à la corde ces derniers mois ou encore Jason Bajada et le (très réussi!) résultat de mes bêtises.
Ce mardi, Audiogram lancera Trente, un triple album où 30 artistes ont accepté d’interpréter une chanson de leur choix pour illustrer les trois dernières décennies. Sans artifices, sans arrangements, sans droit de reprise, les artistes ont généreusement accepté de se mettre à nu en enregistrant une chanson de leur choix dans la plus grande simplicité. Une sorte de Journée sans maquillage version instrumentale qui révèle le talent brut de ces artisans comme en témoignent ces extraits choisis : http://audiogram.com/trente/
Cette soirée anniversaire a renforcé une conviction qui m’habite depuis longtemps : malgré les reculs, les défaites historiques et le cynisme qui nous fait sans cesse de l’œil, malgré aussi la tentation de l’anglais qui ne s’affaiblit jamais, la culture québécoise, elle, ne stagne jamais. La force créatrice de nos artisans donne de l’espoir quand on se sent pris dans un cul-de-sac et rappelle qu’on peut malgré tout continuer de faire son chemin.
Myriam D’Arcy

Crédit André Chevrier
La culture nationale : antidote au mépris de soi (1)
Dossier : L’industrie musicale québécoise
Il y a environ un an, l’idée de lancer un blogue autour de la promotion de la culture québécoise a germé dans mon esprit durant une soirée entre amis. Je discutais avec l’un d’eux au sujet de mes préférences musicales – québécoises pour la plupart – et il m’avait répondu que la musique d’ici était dépassée, quétaine. Je m’étais alors empressée de lui faire écouter quelques artistes « branchés » que j’affectionne plus particulièrement pour me rendre compte qu’aucun d’entre eux ne lui étaient familiers. C’est à ce moment qu’un constat s’est imposé à mon esprit : nos artistes manquent cruellement de diffusion. Nos radios commerciales, quand elles daignent se conformer aux quotas de musique francophone dictés par le CRTC, ne prennent pas grand risque et diffusent jour après jour les mêmes hits formatés de vedettes établies. Comment alors s’étonner que nos artistes émergents arrivent difficilement à rejoindre le grand public?
Plusieurs mois plus tard, cette conversation continue de me hanter. Quoi faire pour améliorer la diffusion de nos chanteurs et musiciens? Au cours des prochaines semaines, je publierai une série de textes sur la chanson québécoise, qui, je l’espère, suscitera une réflexion sur l’utilité de « consommer » notre culture nationale, sur les moyens à prendre pour augmenter la diffusion de nos artistes et aussi, des propositions en vue de l’adoption de la nouvelle politique culturelle annoncée par le gouvernement du Québec, et finalement, sur la manière de prendre en douceur le fameux virage numérique qui bouleverse actuellement l’industrie musicale mondiale.
Glorification de la culture américaine et mépris de soi
La semaine dernière, nous avons été conviés à un spectacle désolant à l’occasion du malheureux débat alimenté par une poignée d’animateurs de radio de Québec autour de la pertinence à offrir la grande scène des Plaines d’Abraham à des artistes québécois pendant le Festival d’été de Québec. À leur avis, aucun artiste d’ici n’était en mesure d’attirer une foule substantielle capable de générer des profits pour le FEQ. Sous le couvert des arguments de la rentabilité, ils se sont déchaînés en onde et sur les réseaux sociaux en appelant la fin de la rectitude politique qui obligerait les organisateurs du festival à produire à perte des artistes québécois au lieu d’embaucher des vedettes américaines et internationales dignes de leur intérêt.
Chaque jour, il s’en trouve pour nous dire que la culture est devenue « mondiale », « globale », et qu’il faut s’ouvrir au reste du monde. Soit, mais s’ouvrir à quoi si toutes les expressions culturelles se fondent les unes dans les autres? À quoi servent les langues, la littérature et la musique? Pourquoi se passionner pour le cinéma français ou italien s’ils ne disent plus rien sur leur société?
C’est là tout le génie de la culture et des artistes qui la portent. À coup sûr, les œuvres témoignent de leur société à une époque précise, des aspirations et des combats qu’elle porte et des doutes qui la traversent. En plus des qualités remarquables d’interprète d’Édith Piaf, pourquoi continuons-nous encore de l’écouter aujourd’hui, 50 ans après son décès? Parce qu’à travers elle, nous touchons et sentons de la plus belle des manières la France des années 30, 40, 50 et 60. Idem pour le cinéma de Woody Allen, lumineuse fenêtre sur le New York bourgeois, Pedro Almodovar sur une certaine Espagne colorée et débridée et finalement, Stromae sur la Belgique actuelle. D’ailleurs, la méga star a récemment livré un vibrant plaidoyer sur l’importance de chanter dans sa langue nationale qui a résonné jusqu’au Québec : «Je suis un Belge qui a grandi avec la langue française, un peu de flamand et tout mon belgicisme. Les gens n’ont pas envie de voir un Belge qui se prend pour un Américain. C’est ma culture, je la défends.»
Il en va évidemment de même pour les artistes québécois. À tout jamais, Gilles Vigneault a inscrit la vigueur, la ténacité et la joie de vivre des Canadiens-français que nous étions. Pour sa part, Dédé Fortin a ressenti jusque dans sa chair et témoigné du désarroi qui nous a assaillis suite à l’échec du deuxième référendum. Aujourd’hui, Louis-Jean Cormier incarne l’assurance tranquille rassurante que nous sommes là pour durer. Finalement, Xavier Dolan permet au monde entier de contempler Montréal, sa jeunesse et sa vitalité créatrice.
Ainsi, voilà pourquoi il faut connaître, consommer et promouvoir sa culture nationale. Pour inscrire à jamais son peuple et sa voix dans le temps, dans le grand récit de l’humanité. Voilà aussi pourquoi il faut combattre l’indifférence et le détournement vers une culture américanisée. Certains prétendent que nous sommes trop peu nombreux, trop fragiles pour survivre, alors à quoi bon se battre? À quoi bon perdre de l’énergie à défendre notre langue si c’est pour s’assimiler à la culture anglophone un jour ou l’autre? Personne ne veut être du côté des vaincus, des perdants. La tentation d’aller voir ailleurs devient alors très grande. Entre le désir d’embrasser une identité mondialisée et le mépris de soi, il n’y a souvent qu’un pas que certains franchissent allègrement.
La chanson québécoise a beaucoup évolué au fil des dernières décennies comme le montre magnifiquement et très justement l’exposition sur l’histoire du Québec et la chanson québécoise qui se déroule présentement au Musée McCord. À toutes les époques, elle a su être la courroie de transmission de nos aspirations sociales et nationales. S’il est vrai qu’aujourd’hui, nos artistes engagés se font plus rares, et que leurs propos sont surtout tournés vers l’intime, il n’en demeure pas moins qu’ils chantent majoritairement en français, avec sérénité et sans complexe parce que ça va de soi. Loin de se folkloriser, notre scène musicale est abondante, foisonnante et diversifiée. Pierre Lapointe, Isabelle Boulay, Fred Pellerin, Cœur de pirate, Ariane Moffatt, Karim Ouellet et combien d’autres vont conquérir le monde sans être freinés un seul instant par les doutes de jadis, ceux que nous n’étions « nés que pour un p’tit pain ».
Pour combattre la démission culturelle et le mépris de soi, il faut impérativement porter attention à nos artistes de toutes les disciplines. Il serait temps de revenir à nous-mêmes pour célébrer cette culture qui n’a rien de ringard, qui ne cesse de se renouveler et d’étonner. Ainsi, peut-être que nous serons à nouveau capable de nous aimer, d’être fiers de notre identité et d’offrir à ceux qui la découvrent, la part la plus lumineuse de nous-mêmes.
Myriam D’Arcy
Prochain texte : La nécessaire augmentation des moyens de diffusion de nos artistes de la chanson.

Crédit André Chevrier
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